Présidence du Sénat : Roger Balindamwami : « le mot d’ordre ne tient plus » !

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Pour ce cadre et co-fondateur de l’AFDC-A, l’élection du président de la chambre basse du parlement est un grand moment qui va tracer la direction que le pays va prendre. Dans cette interview accordée le 23 juillet 2019 à L’Interview.cd, il appelle les sénateurs à faire le choix de la « raison », en leur rappelant leur responsabilité sur l’avenir du pays.

L’Interview.cd : Roger Balindamwami, vous êtes parmi les personnalités qui sont restés fidèles à Modeste Bahati, pensez-vous qu’il fait le poids contre le candidat du FCC à la présidence du Sénat ?

Roger Balindamwami : Non seulement que Bahati fait le poids contre le candidat présenté par l’ancienne majorité mais plus encore, il va le battre à plate-couture lors du scrutin attendu le 27 juillet prochain. Nous avons des exemples des situations récemment vécues dans ce pays, qui doivent enseigner. Le politicien congolais ne veut plus être conduit à l’abattoir comme le mouton de Panurge. Cinquante-neuf ans après l’indépendance, le politicien congolais est capable de réfléchir et de se prendre en charge. C’est d’ailleurs l’image qu’a voulu donnée l’autorité morale de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), le Professeur Modeste Bahati, avec sa décision de se présenter à ce poste.

Mais, nous savons que les sénateurs du FCC ont eu le mot d’ordre de la plate-forme. Cela peut-il jouer contre Bahati ?

Il n’y a plus de mot d’ordre qui tienne. Nous ne sommes plus à l’époque où le mot d’ordre conduit le bon sens. Les Sénateurs sont des hommes et femmes raisonnables pour comprendre que le pays, comme l’avait souligné compatriote congolais, n’a plus besoin d’un bureau rempli des sanctionnés et des malfaiteurs. Si le FCC compte sur le nombre, l’AFDC-A et le sénateur Bahati Lukwebo comptent sur la raison. Et, nous pensons que ceux qui donnent des mots d’ordre aux sénateurs ne les respectent pas ; ils les prennent pour des enfants alors que ce sont des grands adultes et sages.

Au cas où Bahati échouait, se laisserait-il dirigé par Thambwe Muamba ?

Modeste Bahati ne s’est pas engagé dans cette lutte pour la perdre. Son engagement vise le développement du pays et le bien-être de la population. Chaque sénateur doit comprendre que le pays sera demain ce qu’ils auront fait de lui aujourd’hui. Ils portent donc l’avenir du pays sur leurs épaules. Le petit geste qu’ils feront le 27 juillet aura une grande incidence sur l’avenir du pays. C’est pourquoi, ils doivent voter en toute conscience, sans se mettre dans la peau des petits enfants dont tout ce qu’ils doivent faire doit leur être dicté par les parents. Ils sont assez grands et sages pour comprendre que ce pays doit être relevé par des gens qui ont le souci de la population.

Quel est le message précis que vous lancez aux sénateurs ?

Je les appelle à la raison. On ne doit pas mettre à la tête des institutions du pays, des arrogants qui, même devant les malheurs du peuple, sourient. Il est temps que le Sénat joue véritablement son rôle de sage. Pour y arriver, il faut que cette institution soit conduite par une personnalité qui réfléchit et qui est capable de s’affranchir des diktats irraisonnés et égoïstes, qui ne visent pas les intérêts du peuple. Ce n’est pas pour rien que le Sénat est appelé Chambre haute du Parlement. Il est composé des sages qui savent pourquoi ils sont là et comment ils doivent agir.

Propos recueillis par Lucien Masidi

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