Sud Kivu : Le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu décrète un mouvement de grève sèche




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Le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu est en grève depuis lundi 14 octobre. Les médecins et infirmiers œuvrant au sein de cette maison carcérale ont ainsi décidé d’arrêter toutes prestations des soins au profit de détenus.

L’objectif selon Pamela Musimwa, médecin chef de staff à la prison centrale de Bukavu, et de dénoncer les mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent et la rupture en médicaments et en matériels de prise en charge des détenus malades.

« Nous revendiquons d’abord que le droit des détenus soit respecté, ils ont les droits à la santé. Que le gouvernement fasse le nécessaire pour la prise en charge de détenus dans la prison centrale de Bukavu. Nous avons des cas de malnutritions, soignez un détenu que tu n’alimente pas c’est revenir à rien, nous revendiquons aussi que le personnel médical soit pris en charge ». Explique Pamela Musimwa Muhindo.

Selon les médecins et infirmiers prestants dans cette maison carcérale, c’est depuis la fin de l’année 2018 que le CICR s’est désengagé dans l’approvisionnement des intrants médicaux au sein de cette prison, et le gouvernement en a été informé. Leur regret et de constater que depuis ce désengagement, le gouvernement n’a jamais fourni une quelconque assistance en médicaments, en matériels nécessaires ; moins encore en nourritures pour la santé des détenus.

Conséquences, le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu peint un tableau sombre de la situation sanitaire dans cette prison et note plus de 45 détenus décédés depuis janvier 2019, 325 cas de malnutrition, 13 cas de VIH/ SIDA, et 23 cas de tuberculose.

Ils s’indignent également de constater que certains cas qui devraient être soigné au sein même de la prison, sont référés à l’hôpital générale de référence de Bukavu, pourtant là aussi ils ne sont pas soignés faute de moyen financier, et parfois ils en profitent pour s’évader.

Le médecin chef de staff à la prison centrale de Bukavu renseigne que le personnel soignant pouvait assurer un service minimum, mais la pharmacie de la prison est vide depuis plusieurs mois. Toutefois, Pamela Muhndo promet d’intervenir pour sauver la vie des détenus en situation d’urgence.


Pascal D. NGABOYEKA