RDC : Mais qu’a – t – on fait du Congo 59 ans après son indépendance ?

Pas de défilé militaire le 30 juin




La République Démocratique du Congo célèbre le dimanche 30 juin 2019, le 59ème anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Un jour historique chargé de symbole.

Mais cette année, contrairement à la coutume, il n’y aura pas défilé militaire ni dans la capitale ni dans les chefs – lieux des provinces.

Cette information avait été livrée par le vice – Ier Ministre et Ministre a.i de L’Intérieur et sécurité de territoire, Basile OLONGO au cours d’un  entretien qu’il a eu avec les confrères de jeune Afrique. Il a assuré que cette décision n’avait pas été prise pour des raisons budgétaires contrairement à ce que certaines mauvaises langues voulaient faire croire.

En  revanche, le Président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI adressera un message à la Nation qui sera retransmis en direct  à la RTNC, la chaine nationale congolaise.

«  Nous avons décidé de célébrer plutôt le 60ème anniversaire qui interviendra le 30 juin 2020 » a révélé le Ministre a.i en charge de l’intérieur. Pour ce qui est de ce 30 juin, il n’y aura pas des activités officielles Ce sera plutôt une journée de méditation où les gens resteront chez eux.

Interrogé sur les raisons de ce report, Basile OLONGO s’est refusé de tout commentaire précisant cependant que «  le Gouvernement n’avait pas de problème de financement »

59 ans après, qu’a-t-on fait de la RDC ?

Au-delà de l’annulation du défilé, qu’a-t-on fait de la République Démocratique du Congo ? Le pays a-t-il progressé et dans quels domaines ?

Le Congo, pour nombre d’observateurs, a fait des progrès sur certains secteurs mais régressé dans bien d’autres. Par exemple, à l’accession du pays à l’indépendance, le Congo ne comptait pas plus de 20 universitaires formés. Aujourd’hui, les intellectuels formés par les universités et instituts supérieurs du pays et de l’étranger, se comptent à de dizaines de milliers. Il est même possible qu’ils aient franchi la barre de un million ou plus.

La RDC aligne des professeurs d’universités, des médecins, des ingénieurs, des infirmiers, des économistes, des journalistes de talents, des juristes de premier ordre, des officiers généraux, colonels de l’armée et de la police, des informaticiens, des prêtres, des pasteurs, des Théologiens, des sociologues, des polytechniciens, des pilotes et mécaniciens d’avions, de capitaines de bateaux et des savants de tous ordres

C’est toute cette crème qui se retrouve dans la classe dirigeante du pays, surtout depuis le régime Mobutu, Kabila le père et Joseph Kabila et présentement dans l’entourage du Président Félix Antoine TSHISEKEDI 

Quelle est la différence ?

L’on note cependant une différence entre les non-universitaires qui ont dirigé le pays entre 1960 à 1965 et les universitaires qui le dirigent depuis Mobutu à nos jours.

Avant, la gestion du gouvernement était bien tenue. Les autorités qui allaient en mission à l’étranger  en commençant par le Chef de l’Etat, Joseph Kasa-Vubu, remettaient le reliquat des frais de mission à la caisse de l’Etat après la mission.

Aujourd’hui non seulement cette pratique a disparu, mais les dirigeants au niveau de Ministères, mandataires publics et d’autres échelons ne gèrent pas le pays de manière orthodoxe. Ils se servent d’abord, corrompent et se laissent corrompre en sacrifiant l’intérêt communautaire.

Ce qui fait que sur le plan économique et social, le pays a complètement chuté. La RDC, sur le plan de développement humain, se situe à l’avant dernière place. Son budget annuel de 5 milliards de dollars, est pratiquement le plus faible en Afrique et même au monde.

Nos formations médicales qui accueillaient des Etrangers qui venaient se faire soigner ici, ont perdu de leur notoriété.

Ce sont les congolais nantis évidement qui vont se faire soigner à l’étranger (Inde, Afrique du sud, Belgique, France, Chine, Cuba etc.)

Nos universités et instituts supérieurs qui recevaient hier des étudiants étrangers, ont aujourd’hui perdu leur lettre de noblesse.

Le niveau de l’enseignement a baissé. La corruption et les antivaleurs, à quelques exceptions près, gangrènent ces milieux.

Le pays qui comptait plus  de 150 mille kilomètres de routes carrossables, n’en compte que  moins de 5000 Kms ce jour.

Des nombreuses sociétés industrielles, et entreprises qui faisaient  la fierté non seulement du Congo mais aussi de l’Afrique, comme la Gécamines dans le Haut Katanga, la Minière de Bakwanga (MIBA) à Mbuji-Mayi, la JVL, l’ONATRA, La POSTE, la PIM (pêche industrielle de Muanda), la SEDEC, la CHANIC, l’ONC (Office nationale du Café)… sont devenues l’ombre d’elles même, et d’autres ont même disparu.

Le service d’hygiène a disparu et le canton nage manuel pour entretenir les routes, n’existe presque plus. Faute de politique d’assainissement, nos villes sont devenues des dépotoirs.

Le pays qui détenait une dizaine de bateaux de Haute-mer, n’en compte plus  qu’un seul, celui de la SOCIR qui transporte le pétrole.  Le pays n’a pas un seul port en eau profonde. Le projet du port de banana qui pouvait désenclaver le pays, est  presqu’en veilleuse ce jour. L’on parle plutôt de la construction du PONT  Kinshasa-Brazzaville qui est non seulement une menace pour les ports de Matadi et Boma mais aussi pour l’économie du pays.

59 ans après, son indépendance, la RDC a encore du chemin devant elle…

Voilà qui devait réveiller les congolais et leur faire prendre conscience des grands défis qui les attendent 

Jean – Pierre SEKE