RDC: la FIDH appelle UE au “maintien et prolongation” des sanctions contre les 14 proches de Kabila

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14 hauts responsables du régime de Joseph Kabila

La fédération internationale des Ligues des droits de l’homme «FIDH» a, dans un article publié sur son site ce vendredi 29 novembre 2019, souligné la nécessité du maintien des sanctions contre 14 hauts responsables du régime de Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo.

Cette organisation non gouvernementale demande au gouvernement de la RDC de prendre les mesures judiciaires à leur encontre.

« Aucune mesure judiciaire à leur encontre n’a été prise par les autorités congolaises, alors que certains sont soupçonnés d’être responsables de graves crimes. C’est pourquoi nos organisations demandent à l’Union européenne de maintenir et prolonger les mesures restrictives qui arrivent à échéance le 12 décembre 2019 », indique la FIDH.

Les 14 personnes concernées par ces sanctions et dont leurs avoirs ont été gelés sont notamment les officiers de l’armée et la Police de la RD Congo ainsi que les anciens membres du gouvernement sous l’ère de Kabila.

Voici les 14 individus qui sont concernés par ces sanctions et leurs causes:

  • Général Hugues Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine (garde prétorienne de Kabila) qui a réprimé les manifestants contre le maintien au pouvoir de Kabila en septembre 2016 à Kinshasa; visé aussi par des sanctions de la Suisse; 55 ans;
  • Général Gabriel Amisi Kumba, dit « Tango Fort », ex-commandant de la zone de Kinshasa lors de la répression de septembre 2016; déjà cité en 2010 par les experts de l’Onu comme un des principaux officiers impliqués dans les réseaux criminels au sein de l’armée qui pillent les ressources naturelles au Kivu; visé aussi par des sanctions des Etats-Unis; nommé chef d’état-major adjoint en juillet 2018, ce qui en fait le « numéro 2 » de l’armée; 55 ans;
  • Commissaire Fernand Ilunga Luyoyo, commandant de l’unité anti-émeute de la police, impliqué dans la répression disproportionnée de septembre 2016 à Kinshasa; depuis 2017, commande l’unité chargée de la protection des institutions et hautes personnalités; fait aussi l’objet de sanctions de la Suisse; 46 ans;
  • Inspecteur divisionnaire Célestin Kanyama, dit « Esprit de mort », impliqué dans la répression disproportionnée de septembre 2016; s’était déjà illustré dans l’ »Opération Likofi » contre le banditisme en 2013, qui avait donné lieu à 51 liquidations sommaires selon Human Rights Watch; fait également l’objet de sanctions des Etats-Unis; nommé en 2017 à la tête de la Direction générale des Ecoles et Formations; 59 ans;
  • Général John Numbi Banza Tambo, ex-inspecteur général de la police, considéré par la société civile comme responsable de l’assassinat du défenseur des droits de l’Homme Floribert Chebeya en 2010, il est impliqué dans la campagne d’intimidation violente lors des élections des gouverneurs en 2016; fait aussi l’objet de sanctions des Etats-Unis; depuis juillet 2018, il est inspecteur général de l’armée congolaise; 57 ans;
  • Roger Kibelisa, chef de la Sécurité intérieure à l’ANR (Agence nationale de renseignement), a participé aux campagnes d’intimidation des opposants et ainsi « fait obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique » selon l’UE; 60 ans;
  • Général Delphin Kahimbi, ex-chef du renseignement militaire, il a participé à la répression disproportionnée des manifestations de septembre 2016; en juillet 2018, il est nommé sous-chef d’Etat-major général de l’armée, chargé du renseignement; 50 ans;
  • Evariste Boshab, ministre de l’Intérieur entre 2014 et 2016, il est responsable d’arrestations arbitraires d’opposants et de la répression de septembre et décembre 2016; fait aussi l’objet de sanctions des Etats-Unis; 63 ans;
  • Alex Kande Mupompa, comme gouverneur du Kasaï central, a été responsable de répression violente et exécutions extra-judiciaires lors de la crise Kamwina Nsapu au Kasaï en 2016-2017; fait aussi l’objet de sanctions de la Suisse; 69 ans;
  • Jean-Claude Kazembe Musonda, ex-gouverneur du Haut-Katanga, responsable d’une violente répression de protestations à Lubumbashi en décembre 2016; 56 ans;
  • Lambert Mende, ministre des Médias depuis 2008, est responsable d’une politique répressive vis-à-vis de ceux-ci et d’avoir violé l’Accord de la St-Sylvestre 2016 promettant la fin des blocages de médias, faisant ainsi obstacle à une solution consensuelle et pacifique; fait aussi l’objet de sanctions de la Suisse; 66 ans;
  • Général Eric Ruhorimbere, ancien fidèle du mutin Bosco Ntaganda – qui vient d’être condamné à 30 ans de prison par la Cour pénale internationale – a supervisé les meurtrières opérations militaires au Kasaï lors de l’insurrection Kamwina Nsapu, en tant que commandant adjoint de cette région militaire de 2014 à 2018; fait aussi l’objet de sanctions de la Suisse; en juillet 2018, il a été nommé commandant du secteur opérationnel du Nord-Ubangi (ex-Equateur); 50 ans;
  • Emmanuel Ramazani Shadary, ministre de l’Intérieur jusqu’en 2018, est responsable d’arrestations d’activistes et opposants, de l’usage disproportionné de la force contre les membres du parti-secte Bundu dia Kongo au Kongo Central, de la répression à Kinshasa en janvier et février 2017 et de la répression au Kasaï; ex-candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2018, il est aujourd’hui secrétaire permanent du PPRD, le parti de Joseph Kabila; 59 ans;
  • Kalev Mutond, administrateur général de l’ANR (renseignement) , est impliqué dans de nombreuses arrestations arbitraires d’activistes et opposants et les mauvais traitements qui leur ont été infligés; fait aussi l’objet de sanctions des Etats-Unis et de la Suisse; 62 ans.

CKS

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