RDC: «Etre dans les institutions est devenu un business pour les politiciens congolais », (Tribune)

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Sous son règne, l’ancien Président Joseph KABILA n’avait cessé de dénoncer le cout élevé du fonctionnement des institutions. Ce qui est grave est que lui même n’avait jamais pris une mesure quelconque pour réduire ledit cout. La Présidence elle-même avait toujours des comptes en dépassement. Une grande hypocrisie destinée à endormir les congolais. On dénonce le mal pour endormir, mais on en tire profite.

Aujourd’hui, ce cout déjà élevé va s’aggraver, avec un Gouvernement de 65(ministres et vice ministres),500 députés nationaux, 108 Sénateurs sans compte les membres des gouvernements provinciaux et les députés provinciaux, au détriment du peuple congolais.

Chaque parti ou regroupement politique tient à avoir ses membres au sein des institutions pour qu’en retour chacun d’eux puisse rétrocéder un pourcentage de son salaire à son parti ou regroupement politique. Plus un parti politique aura des membres au sein des institutions, plus il aura de l’argent. La lutte pour avoir beaucoup de membres au Gouvernement est justifiée par le besoin d’avoir beaucoup d’argent. Le besoin de servir les congolais est marginal. Il faut s’enrichir. C’est un pillage systématique des ressources financières du pays organisé au profit des politiciens, mais au détriment du peuple. Raison pour laquelle les salaires des ministres, les émoluments des députés ou sénateurs ne peuvent pas être réduits, les partis politiques y trouvent leurs comptes.

Comment comprendre que les opposants qui criaient jours et nuits qu’il faut que les émoluments des députés ou ministres soient réduits, une fois qu’ils sont dans les institutions, ils se taisaient. Même de l’UDPS, on attend plus de discours sur la réduction des salaires ou émoluments des députés nationaux ou provinciaux. Ce qui grave pour un parti qui a lutté pendant longues années pour la justice sociale et distributive.

Au vu de tout ça, il apparait clairement que le temps pris (6 mois d’attente) et la crise au tour de la composition du Gouvernement étaient voulus et entretenus pour fatiguer les congolais et les contraindre à accepter un Gouvernement de pillage des ressources du peuple.


Au regard de tous ceux-ci, il n’est pas étonné que ceux qui veulent entrer dans les institutions recourent à la corruption, au fétiches ou maraboutage, aux trafics d’influence et commissionnaires politiques pour qu’ils soient nommés ministres ou vice-ministres. Ils savent qu’au bout des quelques mois, ils vont récupérer leur mise en pillant le pays.
Entrer dans les institutions est devenue un véritable business.

Dans un tel système de pillage voulu et entretenu, peut-on mettre en œuvre le slogan : « Peuple d’abord ? ».

Avec la composition annoncée du Gouvernement, je me réalise que le FCC tirera le CACH plus vers le pillage des ressources que vers « Le Peuple d’abord ».

La composition du Gouvernement (65 ministres et vice ministres) est une annonce que le peuple sera oublié au profit des politiciens.

Le jour où les membres(65) seront nommés, nous devons manifester notre désapprobation. Surtout si nous y retrouvons des personnalités corrompues, sous sanctions internationales, impliquées dans les violations des droits de l’Homme et le pillage des ressources naturelles.
Ne laissons pas le Congo sombrer sous nos yeux.

N’acceptons pas que ce que nous avons connu pendant les 18 ans de règne de l’ancien Président Joseph KABILA où le peuple était oublié, se répète sous le Président Félix TSHISEKEDI.
Soyons debout et ne laissons pas les politiciens piller le pays sous nos yeux.

Me Jean Claude KATENDE