Décès de Kalev Mutond : l’ancien patron de l’ANR meurt à Paris à 69 ans

Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et figure de confiance de l’ex-président Joseph Kabila, est mort lundi 5 octobre 2026 dans un hôpital parisien. Il avait 69 ans. L’annonce, relayée par Actualite.cd, repose sur des sources proches du dossier et sur la confirmation de la famille ; un communiqué officiel est attendu.

Les circonstances du décès de Kalev Mutond à Paris

Selon les informations publiées le 5 octobre 2026, le décès a été constaté vers 6 heures du matin. Kalev Mutond se trouvait à Paris depuis près d’un an pour y recevoir des soins. Son état s’était aggravé au cours des deux dernières semaines. La nature exacte de la maladie n’a pas été précisée par les sources interrogées. Les services de renseignements congolais ont été informés.Né le 3 mars 1957 dans le sud du Katanga, il laisse derrière lui une carrière entièrement liée aux appareils de sécurité de la République démocratique du Congo, marquée par une longévité rare à la tête de l’ANR et par de nombreuses controverses.

Un parcours de l’ombre à la tête de l’ANR

Kalev Mutond (parfois orthographié Mutondo) a commencé tout en bas de l’échelle, comme agent chargé de relever les identités des visiteurs devant des chancelleries occidentales à Kinshasa, dans le service qui a précédé l’ANR. Il rejoint ensuite les rangs de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila en 1996.Il devient administrateur principal du département de la sécurité intérieure de l’ANR en 2007, puis administrateur général en octobre 2011. Il occupe ce poste jusqu’en 2019, soit une durée supérieure à celle de plusieurs de ses prédécesseurs. Proche de Joseph Kabila, il ne rendait de comptes, selon de nombreux observateurs de l’époque, qu’au chef de l’État. Sous sa direction, l’agence a été au cœur de la gestion sécuritaire des contestations politiques, notamment autour du report de l’élection présidentielle de 2016 et de la transition qui a suivi.

Sanctions internationales et plaintes en RDC

En décembre 2016, les États-Unis l’ont inscrit sur leur liste de sanctions pour son rôle dans l’entrave au processus démocratique, ainsi que pour des arrestations et des actes de torture imputés aux services qu’il dirigeait. L’Union européenne a pris des mesures restrictives similaires en mai 2017, en visant notamment des violations graves des droits humains.En République démocratique du Congo, plusieurs plaintes ont été déposées contre lui pour arrestations arbitraires, tortures, traitements inhumains, enlèvements et tentative d’assassinat, émanant de personnes qui affirmaient avoir été détenues par l’ANR sous son autorité. Une enquête a été ouverte en 2021 par le parquet près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe. Un avis de recherche a été émis en mars 2021 après des perquisitions ; Mutond a alors quitté le pays.Il est revenu en RDC en août 2022 (certaines sources parlent de septembre ou octobre). Son retour a été présenté comme négocié. En mars 2023, le Tribunal de l’Union européenne a estimé que les éléments retenus contre lui n’étaient pas suffisants pour justifier les sanctions européennes, lesquelles ont été levées en juin 2023. Le 10 août 2023, le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe a annoncé la suspension de l’avis de recherche, considérant que les raisons qui l’avaient motivé ne subsistaient plus.

Une figure clivante de l’ère Kabila

Surnommé parfois « super flic » ou « maître espion » de Kinshasa dans la presse, Kalev Mutond a incarné, pour ses détracteurs, la face répressive du régime de Joseph Kabila, et pour ses proches, un serviteur loyal de l’appareil sécuritaire. Les organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, avaient appelé à ce que les accusations de détention arbitraire et de torture fassent l’objet d’enquêtes indépendantes après son retour.Son décès à Paris clôt un chapitre de l’histoire récente des services de renseignement congolais. Au moment de la rédaction de cet article, aucune réaction officielle détaillée du gouvernement congolais ou de l’entourage de Joseph Kabila n’avait encore été rendue publique au-delà des confirmations initiales de la famille et des services concernés.Les informations relatives aux circonstances précises de la mort et à d’éventuelles obsèques restent susceptibles d’être précisées par un communiqué familial ou institutionnel.

L’INTERVIEW.CD