Pollution des eaux des rivières Tshikapa et Kasaï : le député Guy Mafuta interpelle les VPM de l’Environnement et celui des Affaires Étrangères sur l’issue du dossier de ce drame environnemental et humain

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Guy Mafuta

 

Le député national Guy Mafuta Kabongo a déposé ce lundi 28 mars 2021 au bureau de l’Assemblée nationale, une question orale avec débat adressée aux VPM et ministre de l’environnement Ève Bazaïba et celui des Affaires Étrangères, Christophe Lutundula Apala.

D’après cet élu du territoire de Tshikapa dans la province du Kasaï, l’objectif de son initiative parlementaire est d’avoir des réponses de ces deux membres de l’exécutif national en plénière sur la gestion du dossier de la pollution des eaux des rivières Kasaï et Tshikapa, dans les provinces du Kasaï et Maï-Ndombe.

« En application des dispositions des articles 100 et 138 de la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée et complétée à ce jour et conformément aux prescrits des articles allant de 168 à 180 du Règlement Intérieur de l’assemblée nationale de mars 2019, je me fais le devoir de vous adresser à la présente pour nous éclairer sur la gestion du dossier de la pollution des eaux des rivières Tshikapa et Kasaï au mois de juillet et en août de l’année dernière », a souligné ce praticien du droit qui est en justice contre la société minière angolaise CATOCA Mining Diamond pour réparation des préjudices.

Avant de poursuivre : « Une société étrangère a donc pollué impunément nos eaux et a mis en danger les vies des congolais sur leur sol…Comme si cela ne suffisait pas, dans notre pays, l’exploitation minière est également devenue dangereuse pour nos populations et ce, au mépris de toutes les lois et règles établies en la matière et dont vous êtes la sentinelle ».

Voici les préoccupations du député Guy Mafuta Kabongo adressées à Ève Bazaïba et Christophe Lutundula :

Au Ministre de l’Environnement et Développement Durable

1. En date du 09 août 2021, un communiqué officiel de votre ministère, faisant suite à celui du 02 août de la même année demandait à la population de s’abstenir des eaux des rivières Kasaï et Tshikapa à la suite de sa contamination. La situation a-t-elle évolué puisqu’il n’y a jamais eu d communiqué contraire;

2. A ce jour, soit huit mois après, avez-vous évalué l’impact environnemental, humain et économique subi par notre pays ?;

3. Disposez-vous aujourd’hui des résultats fiables des analyses des eaux et autres sédiments ? Quand et dans quelles conditions ces prélèvements ont été faits ?;

4. Avez-vous déjà identifié les victimes et évalué le degré de leurs afflictions ?;

5. Qu’en est-il de l’aide du Gouvernement ? Jusqu’où a-t-elle était acheminée ? Quelles provinces et quelles zones ont-t-elle étaient servies ? Avez-vous un rapport quand à cette distribution ? sachant que cette pollution a touché trois provinces de la République;

6. C’est l’eau qui était empoisonnée. Combien des puits d’eaux avez-vous creusé pour sauver la population ?;

7. Quelle suite avez-vous réservée aux lésions vaginales subies par les femmes du Kasaï ? Constat du reste fait par vous-même;

8. Quel regard avez-vous sur votre gestion de cette catastrophe ? Travail achevé ? si non, que reste-t-il à faire ?;

9. Que faites-vous du principe pollueur payeur ?;

10. Au Katanga, pourquoi assistez-vous impuissamment à l’empoisonnement de nos compatriotes par l’exploitation criminelle et illégale des mines qui polluent leurs eaux et environnement ?;

11. Au-delà des sanctions administratives, pourquoi ne pas emprunter la voie judiciaires pour sanctionner ces entreprises et indemniser les populations ?

12. A la suite du procès initié par les plaintes de 7.879 plaintes des victimes de cette pollution, quel peut être l’accompagnement du Gouvernement de la procédure d’exéquatur ?

Au Ministre des Affaires Étrangères

1. A ce jour, soit huit mois après, avez-vous saisi les autorités angolaises sur cette question ?

2. Qu’en est-il de la commission mixte qui devait être mise en place par nos deux États ?

3. Auquel deux nos pays revient la diligence? Pourquoi donnons-nous l’impression d’être si faibles et si mous face aux angolais ?

4. Quel regard avez-vous sur votre gestion diplomatique de cette catastrophe ? Travail achevé ? si non, que reste-t-il à faire ?

5. Quel est la réaction de notre pays face à la maltraitance devenue la norme de nos compatriotes en situation irrégulière en Angola par les autorités angolaises ?

6. A la suite du procès initié par les plaintes de 7.879 plaintes des victimes de cette pollution, quel peut être l’accompagnement du Gouvernement de la procédure d’exéquatur ?.

Ainsi, les VPM Ève Bazaïba et Christophe Lutundula seront invités par le bureau de la Chambre basse du parlement congolais en vue de répondre aux préoccupations du député Guy Mafuta Kabongo en plénière sur ce drame environnemental et humain qui a lieu au mois d’août 2021.

Dans ce chapitre, le collectif d’avocats conduit par Me Guy Mafuta Kabongo est en procès contre ladite société minière angolaise.

En effet, lors de l’audience publique du lundi 21 mars 2022 au Tribunal de Grande Instance (TGI/Tshikapa), ce collectif d’avocats de la République démocratique du Congo a plaidé et demandé 100 milliards de dollars américains en guise des dommages et intérêts aux victimes de la pollution. L’affaire a été prise en délibéré par le TGI/Tshikapa.

Crispin Kazadi Shambuyi/L’INTERVIEW.CD

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