Justice : l’Asadho appelle à la libération des condamnés dans le procès de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila




ASADHO
Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, le 03/08/2018 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Pour cette ONG de défense des droits de l’homme, leur incarcération prolongée pendant dix-huit ans était trop et constituait une violation flagrante des droits fondamentaux garantis par la constitution et les lois internationales.

L’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), appelle le Président de la République, Félix Tshisekedi, à libérer tous les détenus amnistiés du dossier d’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Pour cette ONG, la libération du Colonel Eddy Kapend et consorts rentrerait dans le cadre de la tenue totale de sa promesse de décrispation politique.

L’ONG rappelle, dans un communiqué signé le 23 mai par son président, Mè Jean-Claude Katende, que le procès conduit par l’ex Cour d’ordre militaire (COM) et qui avait condamné le Colonel Eddy Kapend et consorts était marqué par la violation de toutes les garanties constitutionnelles reconnaissant à chaque congolais le droit à un procès juste et équitable. Pour l’Asadho, ledit procès manifestement inéquitable et violant les standards internationaux en la matière avait conduit à des condamnations iniques et injustes, sans que les enquêtes judiciaires aient été clôturées.

Selon cette ONG, la loi d’amnistie n°05/023 du 19 décembre 2005 portant amnistie pour faits de guerres, infractions politiques et d’opinions était, quand même, venue réparer cette injustice en amnistiant les intéressés. Mais, regrette-t-elle, ils n’ont, malheureusement, jamais été libérés.

L’Asadho note également que leur libération avait été demandée, en novembre 2013, par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, lors de sa 54ème session ordinaire tenue à Banjul, en Gambie. « La République démocratique du Congo n’a jamais donné suite aux recommandations et n’a jamais libéré les condamnés », regrette-t-elle, en soulignant que Eddy Kapend et ses co-accusés étaient également dans la liste de personnes à libérer selon l’Accord de la St Sylvestre, dans le cadre de la décrispation politique. Aussi, fait savoir l’association, en mars 2019, lors de la libération des prisonniers politiques et assimilés, aucun condamné du dossier Eddy Kapend et consorts n’a bénéficié de la libération.

Pour l’Asadho, qui exhorte le Président de la République, Felix Tshisekedi, à réparer les injustices à l’égard des prisonniers et de membres de leurs familles, en faisant ordonner leur mise en liberté après toutes ces mesures qui n’ont pas été suivies d’effets, l’injustice à l’égard de ces condamnés était flagrante et incompréhensible. « Le maintien de ces condamnés en détention malgré les mesures successives d’amnistie et les recommandations de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples est une discrimination qui viole les dispositions de la Constitution de la RDC », a indiqué cette ONG pour qui, les dix-huit ans de détention entourée d’autant d’injustices constituaient une violation flagrante des droits fondamentaux garantis par la constitution et les lois internationales ratifiées par la RDC.

 

Lucien Masidi