Asie: La Corée du sud officiellement exclue de la liste blanche du Japon

Séoul qui prône le dialogue invite TOKYO à retirer ses restrictions commerciales sur l’exportation des matériaux de fabrication des semi-conducteurs er d’écrans.

Les mesures commerciales prises par le Japon auront des graves répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale au-delà du secteur des TIC en perturbant leschaines d’approvisionnement sur l’échelle planétaire.

Au moment où ses dirigeants se battent de toutes ses forces pour contraindre Pyongyang à abandonner son programme d’enrichissement nucléaire et de fabrication des armes à destruction massive, Séoul a, depuis quelques semaines, un autre front sur les bras.

C’est le conflit économico-diplomatique avec le Japon.

C’est une affaire véritablement complexe, qui, si elle n’est pas réglée dans un meilleur délai, menacera au plus haut point, non seulement l’industrie sud-coréenne mais aussi l’économie mondiale dans son ensemble.

En effet, les relations entre Séoul et Tokyo se sontfortement refroidies du fait du conflit autour des verdictsrendus l’année dernière par la Cour Suprême de JusticeSud-coréenne qui avait ordonné à des entreprises japonaises œuvrant en Corée, d’indemniser les victimes coréennes du travail forcé durant le règne colonial japonais entre 1910-1945.

La dispute s’est étendue vers d’autres domaines commel’économie et la sécurité. Tokyo a imposé un contrôle plus strict sur des exportations des matériaux essentiels à la fabrication des semi-conducteurs et panneauxd’affichages contre la Corée du Sud. Alors que Séoul a décidé la semaine dernière de mettre fin à l’accord de sécurité générale d’informations militaires (GSOMIA)avec le Japon.

Le gouvernement de ce pays qui n’entend pas reculer, a, depuis le mercredi 28 Août dernier, excluofficiellement la Corée du Sud de la liste blanche des pays bénéficiant d’un traitement préférentiel completdans le processus d’exportation.

Une situation qui complique davantage la Corée du Sudqui est appelée à revoir momentanément ses calculs quant à ses importations en provenance de l’Empire du soleil levant.

Pour nombre de spécialistes de politique internationale, les mesures prises par le Japon vont à l’encontre des valeurs qu’il prétend défendre. Jusqu’à présent et dans divers forums multilatéraux, le Japon a fait valoir qu’ilsoutenait le système commercial multilatéral fondé surdes règles notamment de l’OMC, du G20 et de l’APEC.

La déclaration des dirigeants du G20 à OSAKA orchestrée par le Japon, réaffirmant le principe de créerun environnement commercial libre, juste non discriminatoire, transparent, prévisible et stable.

Dégât dans les chaines d’approvisionnement

Les restrictions à l’exportation imposées par le Japonont un impact négatif sur l’industrie coréenne en généralen provoquant une incertitude réglementaire et des retards dans les envois de certains biens et matièresintermédiaires importants. Certaines industriescoréennes qui dépendent de matières japonaises,pourraient connaître des reculs de leur production. 

Ce qui est encore plus alarmant, c’est que ces mesuresauront des graves répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale, au delà du secteur des TIC, enperturbant les chaines d’approvisionnement mondiales.

La production des articles de base, notamment les semi-conducteurs, les panneaux d’affichage, les grandesmachines, les automobiles et les produits pétroliers, sera entravée.

En particulier les fabricants coréens de semi-conducteurs, de mémoires DRAM devront supporter le poids des mesures puisqu’ils représentaient 73,4% du marché mondial à compter de 2018. SAMSUNG ELECTRONICS 43,9%, SK Hynix 29,5%. Samsung et LG sont deux des fournisseurs d’écrans d’affichage les plus fiables au monde.

Raisons obscures, manque de preuves.

Selon l’agence de presse Yonhap, le Japon a été incohérent dans sa démarche. Les motifs de ces mesures sont en train de passer d’une « méfiance entre la Corée et le Japon » à une «  prétendueexpédition illégale de fluorure d’hydrogène à la Corée du Nord » et plus récemment, à « des échappatoires dans les contrôles fourre tout de la Corée sur le commerce des armesconventionnelles.»

Le Japon n’a fourni aucun élément de preuve clair àl’appui de ses allégations concernant des failles présumées et des cas de contrôle inadéquat des exportations par la Corée, en dépit du fait que la Coréecontinuait de demander des détails.

La position de Séoul

Le porte-parole du Ministère Sud-coréen des Affaires Etrangères Kim in-chul a, dans un communiqué, exprimé les profonds regrets et une forte protestation de son gouvernement contre l’exclusion de la Corée du Sudde la liste blanche. Il a exhorté à nouveau (le Japon) à retirer immédiatement cette mesure. Séoul a décrit cette mesure comme « des représailles commerciales clairescontre les verdicts sur le travail forcé » et «  un défigrave secouant les bases des relations d’amitié et de coopération de longues dates entre les deux pays. » En rejetant l’affirmation de Tokyo selon laquelle elle entre dans le cadre d’un réexamen de la gestion des exportations.

« Notre gouvernement exhorte, une nouvelle fois avec force, le gouvernement japonais à retirerimmédiatement toutes les mesures  arbitraires et unilatérales et à revenir avec une attitude sincère à la table de dialogue et de consultations en vue ‘élaborer une solution constructive à cette question » a-t-il souligné.

Jean Pierre SEKE