RDC : Comment revaloriser la profession agricole et procurer la nourriture saine aux congolais ?

La Fondation « Bana Saint Jean » prête à relever ce défi

De quoi se nourrit le Congolais ? Les aliments que consomment la majorité de congolais, sont-ils sains et susceptibles de garantir leur santé et prolonger leur durée de vie sur cette terre des Hommes ?

Voilà des questions vitales que les Congolais épris du bien-être devraient se poser. Mais malheureusement, il n’y a pas beaucoup de compatriotes fussent-ils des dirigeants ne s’en préoccupent vraiment.

Toute l’attention des gens est focalisée sur la chose politique au point d’oublier ce qui soutient la vie de l’homme à savoir : la nourriture. Or, on ne peut pas parler nourriture sans faire allusion à l’Agriculture ou mieux à la profession agricole.

Mais quelle place l’agriculture occupe-t-elle dans le Budget de l’Etat ou chez le commun des Congolais ?

Des informations disponibles renseignent que le budget de l’Agriculture n’excède pas les 3%. Et par rapport aux sujets traités au cours des différents conseils des ministres, l’agriculture et l’élevage occupent moins d’espaces et très souvent même oubliés.

Les esprits les plus avertis se demandent si c’est le profil des ministres placés à la tête des Ministères de l’Agriculture et de l’élevage qui fait défaut ou bien ce sont les premiers ministres qui ont eu à diriger ou dirigent encore le Gouvernement, qui ne mesurent pas la place que devra occuper l’Agriculture et l’élevage dans notre société ?

La conséquence dans cet aveuglement politique ; le pays, plutôt que de produire sa nourriture, est obligé d’importer 80%  de nourritures que le peuple congolais consomme. Et des statistiques renseignent que 1 milliard 200 millions de dollars américains sont consacrés chaque année à l’importation des produits vivriers et non vivres, des graines, des poissons, de la viande, des poulets de chair des légumes et même des semences et engrais chimiques.

A ce jour, le riz est importé de l’Asie, le Haricot est aussi importé. La tomate, les légumes, la pomme de terre, l’oignon, le poisson frais, le poisson salé, de l’Huile de palme et l’Huile d’arachide, le lait et ses produits dérivés, la boisson, etc.

Certaines informations non vérifiées, indiquent que la RDC importe des Haricots  du Tchad, un pays semi-désertique qui se bat de toutes ses forces pour ne serait-ce qu’obtenir le transfert d’une partie de l’eau de la rivière Ubangui. Pour alimenter le lac Tchad.

Sur le plan de la formation, la faculté de l’Agronomie demeure le parent pauvre de nos universités. Vous y trouvez moins d’étudiants par rapport aux facultés de droit ou médecine par exemple. Parce que les jeunes ne s’y intéressent pas.

Pourquoi la RDC importe-t-elle l’huile de palme aujourd’hui ?

La RDC qui était premier producteur mondial d’Huile de palme vers les années 1960 à 1975, est aujourd’hui dépendante de ce produit qu’elle importe de la Malaisie, et d’autres pays d’Asie.

Alors que la Malaisie devenue 1er productrice de l’Huile de palme au monde, s’était ressourcée en palmeraie ici en République Démocratique du Congo vers les années 80.

Le pays qui était le plus grand pourvoyeur de ce produit, a vu toutes ses grandes plantations de palmiers, tombées en désuétude.

Les plantations de Jules Va Lanker (JVL) qui étaient prospères à N’kolo-fuma au Kongo-Central, et à Mushie dans la Province de Maï-Ndombe se sont largement dégradées depuis le départ des blancs.

Des grandes usines de l’huile qui florissaient dans le Kwilu dans l’ex. Bandundu, et même à l’Equateur ont fermé depuis des décennies.

Même son de cloche pour le Mayumbe où des sociétés comme AGRIFOR-LEMBA et autres qui détenaient des grandes plantations de palmiers et de raffineries d’Huile de palme  ont arrêté l’activité.

Aujourd’hui, ce sont des paysans qui font la production artisanale de ce produit qui ne peut pas satisfaire la demande de plus en plus grandissante.

Il en est de même de la ferme de Kitobola vers  Songololo et appartenant à l’Honorable Kiakwama qui produisait également de l’huile de palme, mais qui a mis la clef au paillasson depuis le début des années 2000.

Et le Gouvernement central sensé réveiller toutes ces structures par des financements à titre de crédit aux opérateurs économiques, n’a en tout cas jusqu’à ce jour, aucune politique en la matière.

Tout se passe comme si les dirigeants trouvaient cette situation normale. Pour un pays que le Bon Dieu a pourvu en terres arables très fertiles avec des climats cléments et une pluviométrie abondante au cours de l’année, il est inadmissible que la RDC continue à dépendre de l’extérieur pour ses besoins en consommation d’huile de palme. Je suis personnellement  révolté.

Une manne de devises qui s’envole

Des spécialistes estiment que si le Gouvernement mettait en place une politique pour relancer les plantations de palmeraies et la production industrielle d’Huile de palme, ce qui est  fort possible, la RDC pourra générer des devises par l’exportation de l’Huile très recherchée par des pays développés et même d’Afrique pour sa consommation et son utilisation comme intrants dans l’industrie pharmaceutique et la fabrication des produits cosmétiques.

L’exemple du Sénégal en dit long. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest n’a comme principale richesse agricole que l’arachide. Mais qui génère des devises par son exportation. La RDC qui dispose des terres très fertiles peut également engranger des devises avec l’exportation de son Huile de palme, son maïs, son manioc, ses bananes, etc… si les dirigeants politiques donnaient l’impulsion aux opérateurs économiques du secteur agricole, aux fermiers…

Nous pensons que le Gouvernement de la République doit se réveiller et traiter ce dossier avec urgence en lui accordant une priorité.

Les pays développés de l’Europe et de l’Amérique du Nord que nous envions, sont avant tout ses puissances agricoles avant d’être des puissances industrielles, militaires et autres.

De quoi se nourrit le congolais ?

Un autre problème et non de moindre qui se pose aujourd’hui au pays, est celui de savoir de quoi se nourrit le Congolais ? Selon des spécialistes, 70% de ce que mange le Congolais, est constitué des engrais chimiques. 30% seulement de sa nourriture est bio. C’est une situation qui peut être réglée et Bana Saint Jean Fondation a une solution. Ses dirigeants sont prêts à aider le Gouvernement à gagner ce pari.

Jean-Pierre SEKE/L’INTERVIEW.CD