Affaire Kamerhe : “Il n’y a aucune preuve matérielle qui a pu être débattue dans le cas de l’instruction d’audience” (Avocat de Kamerhe, Pierre-Olivier Sur)

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Pierre-Olivier Sur, avocat de Vital Kamerhe, lors d'un procès en mai 2019 © STRINGER / AFP

L’avocat de Vital Kamerhe, le français Pierre-Olivier Sur a, dans une interview exclusive accordée ce jeudi 11 juin à la rédaction de L’INTERVIEW.CD, affirmé qu’il a pu déposer une requête devant les Nations Unies et plus particulièrement devant le groupe de travail sur les détentions arbitraires, car il n’y a aucune preuve matérielle qui a pu être débattue dans le cas de l’instruction d’audience, or c’est une accusation de détournements des fonds.

“Aujourd’hui, le détournement des fonds, ce sont des virements bancaires et d’ailleurs le procureur a cité des virements bancaires sans jamais montré le moindre document, donner la moindre référence et fonder ses accusations sur le moindre flux financier “, a expliqué ce bâtonnier du Barreau de Paris en France.

S’agissant des réquisitions prononcées par le parquet, Pierre-Olivier Sur a souligné que c’est une peine qui n’est pas d’ordre judiciaire mais d’ordre de l’exclusion politique.

“On requiert 20 ans des travaux forcés, c’est une peine qui n’est pas d’ordre judiciaire mais de l’ordre de l’exclusion politique définitive puisqu’il est indiqué qu’il ne pourra entrer dans une logique d’aménagement de peine avant l’échéance de ces 20 années des travaux forcés qu’on lui promet “, explique t-il.

Et de poursuivre : “Le réquisitoire est fondé sur des preuves qui se frondent de sable émouvant. On ne peut pas me dire qu’il y a des virements bancaires sans me montrer les preuves matérielles, des swifts et de flux financiers détournés “.

A en croire ce praticien du droit français, il a plusieurs fois demandé au procureur de lui montrer les éléments de cette affaire notamment des virements et de la traçabilité des flux mais il n’a reçu aucun document.

Selon lui, ce dossier ne repose pas sur les éléments tangibles.

Par ailleurs, il a souligné que leur requête a été enregistrée et la RDC devra rendre des comptes à la communauté internationale sur ce procès organisé de manière “illégale”.

Rappelons que le ministère public, lors de la plaidoirie de ce jeudi 11 juin, a requis à l’encontre de Vital Kamerhe une peine de 20 ans des travaux forcés.

J.NK/L’INTERVIEW.CD