RDC : Le MLC convoque le sénateur Jean Bamanisa Saïdi après ses propos sur la révision constitutionnelle

Le climat politique en République Démocratique du Congo s’intensifie. Ce samedi 21 mars 2026, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), formation politique dirigée par Jean-Pierre Bemba, a officiellement convoqué le sénateur Jean Bamanisa Saïdi. En cause : ses récentes déclarations publiques prônant une modification de la Constitution de 2006, une position qui semble heurter la ligne officielle du parti.

Une convocation disciplinaire pour « clarification »

La décision, actée par le secrétaire général Fidèle Babala Wandu, fait suite à une prise de position jugée prématurée et non concertée. Le MLC a tenu à préciser que les questions touchant à la souveraineté nationale et aux réformes institutionnelles ne peuvent être engagées sans l’aval des instances dirigeantes.

Les détails du rendez-vous à Kinshasa/Gombe

Le sénateur Bamanisa est attendu pour s’expliquer devant les cadres du parti selon les modalités suivantes :

  • Date : Mardi 24 mars 2026
  • Heure : 11h00
  • Lieu : Siège national du MLC, Kinshasa/Gombe

« Toute prise de position sur un sujet stratégique d’intérêt national comme la modification de la Constitution relève exclusivement du Bureau Politique du parti », précise le communiqué officiel (Réf. N°09/MLC/SG/03/2026).


Pourquoi Jean Bamanisa Saïdi est-il dans le viseur du MLC ?

L’ancien gouverneur de la Tshopo et figure de proue de l’ex-Province Orientale a récemment multiplié les sorties médiatiques en faveur d’une révision constitutionnelle ciblée. Contrairement à la ligne de prudence observée par certains alliés au pouvoir, Bamanisa a proposé des réformes concrètes :

  1. Réforme du statut de Kinshasa : Pour une meilleure gestion de la capitale.
  2. Gestion de la Caisse de péréquation : Vers une suppression ou une restructuration profonde.
  3. Droits de la diaspora : Une intégration accrue des Congolais de l’étranger.
  4. Efficacité de l’État : Dépasser le clivage sur la limitation des mandats pour se concentrer sur la gouvernance.

Le MLC insiste : ces propositions sont strictement personnelles et « n’engagent en aucun cas le Mouvement de Libération du Congo, ni son Président National ».


Contexte : Le débat sur la Constitution de 2006 en RDC

Cette convocation intervient dans un moment charnière pour la politique congolaise. Alors que l’UDPS et une partie de la majorité présidentielle affichent leur volonté d’adapter le texte fondamental aux « réalités actuelles », le MLC de Jean-Pierre Bemba semble vouloir verrouiller sa communication pour éviter toute dispersion avant les prochaines échéances.

Les enjeux pour le Sénat et le MLC

Pour le Sénat de la RDC, cette affaire souligne la tension entre la liberté d’expression des parlementaires et la discipline de parti. Si Jean Bamanisa Saïdi est une voix respectée pour son expertise économique et administrative, son autonomie de parole pose aujourd’hui un défi de cohésion au sein de sa famille politique.


Ce qu’il faut retenir de l’affaire Bamanisa

L’issue de l’entretien du 24 mars sera déterminante pour l’avenir politique du sénateur au sein du MLC. Cette crise interne reflète la polarisation extrême de la classe politique congolaise autour du projet de changement constitutionnel en 2026.

Zola NKOSI, L’INTERVIEW.CD