RDC : Et si on organisait les élections municipales et locales avant la Présidentielle ?

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Election CENI

Depuis 3 à 4 mois déjà, les chefs des confessions religieuses notamment catholiques et protestants et quelques organisations de la société civile s’évertuent à exiger à cor et à cri, l’élection présidentielle pour 2023 comme d’ailleurs la constitution le stipule.

Ils ont raison de donner de la voix maintenant, parce qu’en République démocratique du Congo et dans la plupart de pays de l’Afrique sub-saharienne, le respect du délai constitutionnel a toujours été le point faible des dirigeants qui, souvent, pour des raisons inavouées, se préoccupent de tout sauf du respect du délai constitutionnel en matières électorales.

Les analyses les plus avertis l’expliquent par le fait que les gouvernants cherchent à gagner du temps pour obtenir le glissement. Et garder le pouvoir pendant encore quelques mois voire quelques années.

Les congolais de la RDC sont les témoins privilégiés du bonus que s’était accordé le régime précédent de Joseph KABILA. Même si les raisons que l’ancien pouvoir a fait avaler au peuple souverain, étaient plus ou moins justifiées. 

La suite, tout le monde a pu vivre des marches de protestation des opposants et des organisations des droits de l’homme qui ont provoqué mort d’hommes et d’autres dérapages dont on se souviendra encore pendant longtemps. 

Ceux qui réclament l’organisation de l’élection présidentielle en 2023, veulent à notre humble avis éviter au pays la répétition de ce drame.

Cependant, il est tout de même curieux de constater que les partisans de cette thèse, ne pipent mot sur les élections municipales, urbaines et locales. 

Ils ignorent que le vrai pouvoir dans une démocratie, commence par la base. C’est-à-dire aux échelons les plus bas que sont les quartiers, les communes, les territoires, les cités urbaines, les secteurs où la population doit se choisir ses représentants avant d’en arriver au vote à l’échelon supérieur des élus au niveau des assemblées provinciales, l’Assemblée national, le sénat et du Président de la République. 

Aujourd’hui, la population congolaise dans son ensemble n’a aucun représentant au niveau des secteurs, territoires, communes, cités urbaines et villes du pays.
Tous ceux qui sont là, ont été nommés et placés sans leur moindre consentement.

Comment dans ces conditions, peut-on prétendre que la RDC est une société démocratique ?

L’élection des dirigeants politiques à la base ne fait-il pas partie de l’Etat de droit dont le Pouvoir de FATSHI se vante d’instaurer ? 

Si vraiment au Parti Présidentiel, l’UDPS, la devise consiste à servir d’abord le peuple avant toute autre chose, alors le gouvernement de l’Union Sacrée qui va bientôt se mettre en place, a l’obligation de se battre pour organiser les élections municipales, locales… avant de penser à la Présidentielle. 
Il doit inscrire ce sujet dans son agenda car le vrai pouvoir part de la base au sommet et non le contraire.  

Il y a deux décennies environ depuis qu’on n’a plus organisé les élections au niveau de la base. Alors que nos populations en ont vraiment besoin. 

Voilà pourquoi, nous interpellons les confessions religieuses, les associations de la société civile à accompagner les gouvernants pour obtenir les élections au niveau des structures de base avant d’envisager les scrutins au sommet de l’Etat. 

C’est aussi cela l’Etat de droit.

Jean-Pierre SEKE/L’INTERVIEW.CD

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