RDC: crise économique, le président de la FENAPEC propose des pistes de solution (Entretien Exclusif)

Face à la crise économique sévère que traverse la RDC




Mbuku Mbumba président de la FENAPEC
Mbuku Mbumba Pense qu’il y a moyen de créer une classe moyenne en RDC. (Photo JPS)

Mbuku Mbumba qui est un géant dans le monde des affaires, estime que 40 % des emprunts contractés par l’Etat congolais de l’étranger, devrait être affecté aux opérateurs économiques qui sont les seuls capables de les rembourse.

La République démocratique du Congo traverse une crise économique sevère caractérisée par le chômage, le sous-paiement des travailleurs et des fonctionnaires de l’Etat, l’impaiement des nouvelles unités, la baisse d’activités génératrices des revenus, la dépendance alimentaire, la sous-alimentation, le coulage des recettes publiques, le déficit énergétique et de desserte en eau potable, la crise de logements, l’absence de la classe moyenne, la corruption à divers niveaux de la vie nationale etc…

Des problèmes qui accaparent les congolais au quotidien et qui ne savent pas où donner de la tête. Heureusement pour le pays, nous avons des personnes ressources comme le Mbuku Mbumba, grand opérateur économique de renommée et actuel président national de la FENAPEC, (Fédération nationale des artisants, des petites et moyennes entreprises du Congo).

Cet homme que nous avons réussi à faire parler a, dans une interview nous accordée, proposé des pistes de solution à même d’aider le pays à sortir du trou.

Pétri d’expériences dans le monde des affaires il n’a pas hésité de nous dire ce qu’il pense être de solutions dans les différents problèmes qui minent l’économie de la RDC avant de nous retrace en peu de mots son parcours et ses réalisations dans le secteur notamment agricole, de commence et autres.

Suivez plutôt :

L’INTERVIEW.CD: Mr le président, vous dirigez la FENAPEC depuis plusieurs années. Pouvez-vous nous dire, qui est Mbuku Mbumba Jean-Pierre ?

Mbuku Jean-Pierre: Merci  d’abord de l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer au travers votre média. Ce qui est un honneur pour ma modeste personne. Pour répondre maintenant à votre question, laissez-moi vous dire, Mbuku est un opérateur économique connu sur le territoire congolais et actuellement président des petites et moyennes et entreprises-de la République.

A son actif, il a posé plusieurs actes dans le pays dont l’introduction de la Chaine de froid pour maintenir les produits alimentaires de consommation de grande masse dont le célèbre CHINCHARD MPIODI qui a éradiqué en quelques années, le KOUACHORKOR et la mal nutrition.

C’est nous qui l’avons introduit en Afrique Centrale, à savoir : RDC, Congo-Brazzaville, Cameroun, RCA et le TCHAD.

Il est un modèle pour tous ceux qui font l’élevage et les cultures fruitières.

Il a offert à la ville de Kinshasa, un Jardin botanique de classe internationale dont les plantes rares telles que le Bambou de JAVA d’Indonésie. Nous avons des collections variées et plus de 6 millions de bambous. Et sans fausse modestie, nous avons pu réaliser une des plus grandes plantations de Mangoustan au monde. Et nous sommes reconnu comme tel au monde.

Et nous sommes invité à travers le monde à ce titre. Ce qui fait que j’ai pu visiter une certaine de pays à travers la planète.

L’INTERVIEW.CD: S’il vous plait Président, là vous faites allusion au jardin botanique de Kinshasa situé en face du Zoo ? 

Mbuku Jean-Pierre: Non, pas du tout. Le jardin botanique dont tu parles, n’a rien à voir. Je parle ici de mon Jardin botanique privé situé à Lutendele dans la Commune de Mont-Ngafula.

La Direction du Jardin Botanique de Kinshasa a pu dénombrer 3 600 types de plantes en mon Jardin lors d’une étude qu’elle a mené dans ma concession.

L’INTERVIEW.CD: Vous voulez dire que vous êtes fermier ?

Mbuku Jean-Pierre: Ecoutez, je suis fermier par amour. Autrement dit, je suis opérateur économique évoluant dans l’agriculture, le commerce général, la construction et aujourd’hui j’entame une carrière d’exploitation de carrières de pierres de construction dans ma concession de Ngombe Lutendele dans la Commune de Mont-ngafula. J’ai 5 kilomètres de fleuve dans ma ferme. Je vais aussi entrer dans l’immobilier.

L’INTERVIEW.CD: Au delà des PME, vous êtes président des artisans. De quels artisans qu’il s’agit M. le Président ?

Mbuku Jean-Pierre: Bon, les artisans sont des menuisiers, les ébénistes, les cordonniers (maintenant on a une cordonnerie moderne qui commence à prendre forme en fabricant des Chaussures sur place au pays).

Le président provincial de la FENAPEC dans le Haut-Katanga a une usine de Chaussures pour militaire. Il les fabriqués à Lubumbashi même. C’est quand-même un progrès pour le pays.

A côte des cordonniers,  nous avons des coutumiers, des modélistes, des coiffeurs, les artistes sculpteurs, peintres. Et nous les aidons à exposer à l’extérieur du pays. Je suis allé personnellement plusieurs fois avec eux les accompagner.

LIN: Vous êtes une fédération des petites et moyennes entreprises. Combien de PME sont membres ? Et comment vous les encadrez ?

MMJP: La FENAPEC fait partie de 3 associations patronales du Secteur privé dans notre pays à savoir : la FEC, la FENAPEC et enfin COPEMECO. Je voudrais vous parler de l’impact de la FENAPEC.

La seule fois que la Banque mondiale avait payé la dette intérieure du Congo à 20 % de sa valeur, la FEC avait touché pour ses membres l’équivalent de 500 millions de dollars US. La COPEMECO s’en est tiré avec 11 millions USD et la FENAPEC que je dirige avait touché 140 millions de dollars US pour ses membres.

Vous pouvez donc vous-même apprécier l’impact de la FENAPEC sur l’économie nationale. Pour ce qui est des adhérents, nous avons une base des données qui représente plus de 30.000 (trente mille) membres.

LIN: Chaque métier a ses difficultés. En ce qui vous concerne, quels sont les obstacles auxquels vous vous butez dans l’exercice de votre profession ?

MMJP: D’une manière générale, notre pays n’a pas encore mis en place un fonds de développement. C’est donc un Handicap majeur pour propulser l’économie. Car, c’est dans ce fonds qu’on devrait permettre les opérateurs économiques Congolais d’accéder à des crédits au taux faible.

 Ce qui permettrait de se lèver et de pouvoir entrer dans le système bancaire actuel. Il faut que l’Etat ait des fonds de développement. Lorsque l’Etat congolais contracte des emprunts au niveau des instances financières internationales, une rubrique doit être consacrée à l’emprunt pour le développement. Parce que lorsque  notre pays prend des crédits pour des routes, ponts et Chaussées, écoles et Hôpitaux, le bénéfice est à long terme. Il faut un fonds en même temps qui va développer l’économie. L’on devrait affecter par exemple 40% aux opérateurs économiques. Car ce sont eux qui sont les seuls capables de rembourser tous ces fonds là engagés par les gouvernants.

Ce qui créerait la prospérité. Du fait que les producteurs vont augmenter les produits à mettre sur le marché, les commerçants vont augmenter aussi leur capacité d’acheter.

Après le transport que ce soit terrestre, fluvial et lacustre va se développer. Et c’est ainsi qu’on pourra créer une classe moyenne qui manque cruellement au pays.

LIN: Quels sont vos défis ?

MMJP: Les défis, c’est d’assurer à ce que l’opérateur économique congolais dans toute activité puisse s’épanouir afin que notre économie soit prospère. Et la classe moyenne tant convoitée sera au rendez-vous. Et voilà la recette Miracle. Mais attention, il nous faut au pays une justice dépouillée de toute souillure. Et tous les citoyens doivent œuvrer pour l’avènement de cette justice et d’un Etat de droit où le faible sera protégé et les affaires  sécurisées.

Propos recueillis par Jean-Pierre Seke