Lubumbashi : tension chez Ruashi Mining, les travailleurs exigent l’application du nouveau SMIG

Les employés dénoncent un retard dans l’application du salaire minimum et bloquent l’accès à la direction pour faire pression.

La tension est montée d’un cran ce mercredi 18 mars à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Les travailleurs de l’entreprise minière Ruashi Mining, filiale du groupe Metorex, ont érigé un barrage humain devant l’entrée principale de la direction générale, paralysant momentanément les activités administratives. À l’origine de ce mouvement de colère : l’exigence de l’application effective du nouveau SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti), récemment révisé par les autorités congolaises.

Une mobilisation pour exiger le respect des engagements salariaux

Dès les premières heures de la matinée, des dizaines d’agents et d’ouvriers se sont massés devant les bureaux de la direction, scandant des slogans et brandissant des pancartes dénonçant ce qu’ils qualifient de « retard injustifié » dans l’application de la nouvelle grille salariale. Selon plusieurs manifestants, la décision gouvernementale relative à l’augmentation du SMIG tarde à se concrétiser dans leur entreprise, contrairement à d’autres sociétés du secteur.

« Nous travaillons dans des conditions difficiles, avec des risques énormes pour notre santé, mais nos salaires ne suivent pas l’évolution du coût de la vie », déplore un employé rencontré sur place. Comme lui, plusieurs travailleurs affirment ne plus pouvoir subvenir correctement aux besoins de leurs familles face à l’inflation persistante dans la région.

Le mouvement, bien que pacifique dans son ensemble, a entraîné une perturbation notable des activités sur le site. Les accès à la direction étant bloqués, certains cadres n’ont pas pu rejoindre leurs bureaux, tandis que des réunions internes ont été suspendues. Des sources internes indiquent que la production n’a pas été totalement arrêtée, mais qu’elle fonctionne au ralenti.

Du côté de la direction de Ruashi Mining, c’est pour l’instant le silence radio. Aucun communiqué officiel n’a été publié au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, certaines indiscrétions évoquent des discussions en cours entre les responsables de l’entreprise et les représentants des travailleurs afin de trouver une issue à la crise.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales observées dans plusieurs entreprises minières en République démocratique du Congo. L’entrée en vigueur du nouveau SMIG, censée améliorer les conditions de vie des travailleurs, suscite de fortes attentes. Mais sur le terrain, son application reste inégale, alimentant frustrations et mouvements de protestation.

Pour la société civile locale, il est impératif que les entreprises respectent les décisions gouvernementales. « Le SMIG n’est pas une faveur, c’est un droit. Les employeurs doivent s’y conformer sans délai », insiste un responsable de la société civile locale contacté.

Alors que les négociations semblent se poursuivre en coulisses, les travailleurs de Ruashi Mining promettent de maintenir la pression jusqu’à obtenir gain de cause. Une situation qui pourrait évoluer dans les prochaines heures, en fonction des engagements que prendra la direction.

En attendant, ce nouvel épisode de tension sociale rappelle les défis persistants liés à la gouvernance du secteur minier congolais, où la question du partage équitable des richesses reste plus que jamais au cœur des préoccupations.

Jean-Robert Djema / L’INTERVIEW.CD