« Lier Kabila au M23 est tout simplement stupide », déclare l’ancien président congolais dans une interview au New York Times

Dans une interview publiée le 30 mars 2026 par le The New York Times, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, s’est exprimé publiquement pour la première fois de manière approfondie depuis plusieurs années. Installé à Goma, une ville actuellement sous contrôle du mouvement rebelle M23, il a répondu aux accusations portées contre lui par les autorités congolaises.

Rejet des accusations de liens avec le M23

Au cours de cet entretien, Joseph Kabila a nié toute implication dans les activités du M23, un groupe armé opérant dans l’est de la RDC bénéficiant d’un soutien rwandais. Il a rejeté les accusations selon lesquelles il entretiendrait des liens avec cette rébellion ou en assurerait la direction.

Les autorités de Kinshasa, dirigées par le président Félix Tshisekedi, ont de leur côté affirmé que l’ancien chef de l’État serait impliqué dans l’insurrection. Ces accusations ont conduit à la levée de son immunité et à une condamnation à mort par contumace pour trahison.

Joseph Kabila a déclaré ne soutenir aucun groupe armé et a expliqué que sa présence à Goma s’inscrit dans le contexte sécuritaire local, la ville étant sous le contrôle du M23.

Prises de position sur la situation politique

L’ancien président a également évoqué la situation politique actuelle en RDC, exprimant des critiques à l’égard de la gouvernance en place. Il a mis en cause la gestion du pays par les autorités actuelles et a appelé à un processus de paix qu’il souhaite inclusif.

Interrogé sur son rôle passé, notamment lors de la transition politique de 2018, il a reconnu avoir été impliqué dans certaines dynamiques politiques de l’époque, sans fournir de détails approfondis.

Contexte sécuritaire et politique

Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC. Le M23 contrôle plusieurs zones stratégiques, notamment dans la province du Nord-Kivu, une région riche en ressources naturelles et marquée par des conflits armés récurrents.

Le gouvernement congolais accuse régulièrement des acteurs internes et externes d’alimenter l’instabilité dans cette partie du pays. De son côté, Joseph Kabila conteste les accusations portées contre lui.

Une déclaration suivie au niveau international

Cette interview marque une étape importante dans la communication de l’ancien président, qui n’avait plus accordé d’entretien d’envergure internationale depuis plusieurs années. Ses déclarations interviennent alors que la situation sécuritaire et politique en RDC continue de susciter l’attention de la communauté internationale.

L’évolution de cette affaire pourrait avoir des répercussions sur le débat politique national, ainsi que sur les efforts diplomatiques en cours visant à stabiliser l’est du pays.

Zola NKOSI/L’INTERVIEW.CD