Haut-Katanga : vaste coup de filet sécuritaire après des plaintes des habitants à Lubumbashi

Une riposte musclée des forces de sécurité face à la montée de l’insécurité dans la ville de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga en RDC.

Face à la recrudescence de l’insécurité dans certains quartiers de la ville de Lubumbashi, les autorités provinciales ont décidé de passer à l’offensive. À la suite de nombreuses plaintes des habitants des quartiers Kalebuka (commune Annexe) et de la Cité des Jeunes (commune de Kampemba), des opérations de bouclage ciblées ont été organisées, aboutissant à une série d’arrestations significatives.

Selon les informations recueillies, ces interventions sécuritaires, menées conjointement par la Police nationale congolaise (PNC) et des éléments des FARDC, s’inscrivent dans une stratégie de lutte contre le banditisme urbain, un phénomène en nette progression dans la capitale économique du Haut-Katanga.

Tout a commencé le lundi 23 mars 2026, lorsque les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de 28 présumés délinquants lors d’une première opération menée notamment au niveau du pont Kalebuka, identifié comme un foyer d’insécurité.

Mais les autorités ne se sont pas arrêtées là. Ce mercredi 25 mars, une nouvelle vague d’interventions a permis l’interpellation de 59 autres suspects dans les mêmes zones sensibles, portant ainsi à près de 90 le nombre de personnes appréhendées en l’espace de quelques jours.

Ces opérations ont été supervisées par le commissaire provincial de la police, le général Blaise Kilimbalimba, qui a réaffirmé la détermination des services de sécurité à éradiquer les poches d’insécurité.

Des quartiers devenus zones à risque

Les quartiers ciblés, notamment Kalebuka et la Cité des Jeunes, sont régulièrement cités par les habitants comme des zones à forte criminalité. Situés à proximité d’axes stratégiques, notamment la voie ferrée, ces espaces sont souvent le théâtre d’agressions, de vols et d’extorsions.

D’après les autorités, les personnes interpellées sont soupçonnées d’être impliquées dans des attaques visant des passants, particulièrement aux heures de faible affluence. Cette situation a poussé les populations locales à tirer la sonnette d’alarme, exigeant des actions concrètes pour restaurer leur sécurité au quotidien.

Ces bouclages s’inscrivent dans une dynamique plus large de renforcement de la sécurité dans la province. Depuis plusieurs semaines, les autorités multiplient les opérations similaires dans et autour de Lubumbashi. En février dernier, une opération mixte avait déjà permis l’arrestation de 76 présumés criminels sur l’axe Lubumbashi-Likasi, preuve d’une intensification des actions contre les réseaux criminels grâce à des fouilles systématiques, des contrôles d’identité, des patrouilles renforcées et une collaboration étroite avec la population.

Un message fort des autorités

À travers ces actions, le général Blaise Kilimbalimba entend envoyer un signal clair : l’État reste déterminé à reprendre le contrôle des quartiers touchés par l’insécurité.

Dans une déclaration ferme, le Commissaire Divisionnaire provincial de la PNC a précisé :

« En mission dans la province du Haut-Katanga, nous avons reçu mandat de traquer tous les hors-la-loi. Une opération spéciale de bouclage a été lancée pour arrêter les malfrats à l’origine de plusieurs forfaits. Ceux-ci constituent un échantillon, puisqu’ils sont nombreux. Nous allons les traquer jusqu’au dernier souffle. »

Il a par ailleurs assuré que « toutes les dispositions sont prises pour mettre fin à l’insécurité », tout en appelant la population à rester vigilante et à continuer de collaborer avec les services de sécurité. Les suspects arrêtés devraient être déférés devant les instances judiciaires compétentes afin de répondre de leurs actes.

Si ces opérations sont globalement saluées par les habitants des zones concernées, beaucoup attendent désormais des résultats durables. Car au-delà des arrestations, la population espère une présence sécuritaire permanente et des mesures préventives pour éviter la reconstitution des réseaux criminels.

Dans une ville en pleine expansion comme Lubumbashi, la question de la sécurité reste un défi majeur pour les autorités, appelées à concilier croissance urbaine et protection des citoyens.

Jean-Robert Djema / L’INTERVIEW.CD