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Après un long périple depuis Goma et Bukavu, des dizaines de familles déplacées installées dans le Haut-Katanga dénoncent la dégradation continue de leurs conditions de vie. Malgré une mobilisation pacifique devant les institutions provinciales, leurs revendications restent lettre morte.
Arrivées dans le Haut-Katanga après avoir fui l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, plus de 80 familles déplacées originaires de Goma et de Bukavu vivent aujourd’hui dans des conditions jugées alarmantes. Précarité extrême, manque d’assistance humanitaire et absence de réponse des autorités locales caractérisent leur quotidien.
Ce mardi 17 mars et ce mercredi, ces déplacés ont décidé de sortir de l’ombre. Après une première étape à l’Assemblée provinciale, ils se sont rendus au gouvernorat de province dans l’espoir d’être reçus par les autorités. Objectif : exposer leurs difficultés et solliciter une intervention urgente.
Mais leur démarche est restée vaine.
Installés devant le gouvernorat, ces hommes, femmes et enfants ont observé un sit-in de plus de quatre heures. Sous un soleil accablant, ils ont patienté, espérant une audience ou, au moins, un signe d’attention de la part des responsables provinciaux. En vain.
Aucune autorité n’est venue à leur rencontre. Aucun message officiel n’a été communiqué pour apaiser les tensions ou rassurer ces populations vulnérables. Pour ces déplacés, ce silence est difficile à comprendre, voire à accepter.
Depuis leur arrivée dans le Haut-Katanga, ces familles disent faire face à une détérioration progressive de leurs conditions de vie. Hébergées de manière précaire, souvent chez des proches ou dans des abris de fortune, elles manquent de tout, notamment de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et d’accès à l’éducation pour les enfants.
Certaines familles affirment ne bénéficier d’aucune assistance régulière, ni de la part des autorités provinciales ni de celle des organisations humanitaires.
« Nous avons fui la guerre pour chercher la sécurité, mais ici, nous vivons une autre forme de souffrance », confie un déplacé, visiblement épuisé, devant le gouvernorat du Haut-Katanga.
Présent aux côtés des déplacés, Maître Hubert Tshiswaka, acteur de la société civile et membre de l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH), n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’absence de réaction des autorités provinciales traduit un manque flagrant de sensibilité humanitaire.
« Après plus de quatre heures de sit-in, aucune autorité n’est venue écouter ces compatriotes en détresse. Cela démontre une absence totale de considération pour leur situation », a-t-il dénoncé.
Il appelle le gouvernement provincial à prendre ses responsabilités et à mettre en place des mesures urgentes pour venir en aide à ces populations déplacées.
La situation de ces déplacés dans le Haut-Katanga illustre une crise humanitaire souvent ignorée. Si l’attention nationale et internationale se focalise principalement sur les zones de conflit à l’Est, les conséquences de ces violences se font sentir bien au-delà.
Les provinces d’accueil, comme le Haut-Katanga, se retrouvent sous pression, sans toujours disposer des moyens nécessaires pour gérer l’afflux de populations déplacées.
Face à cette situation, les déplacés lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales, ainsi qu’aux partenaires humanitaires. Ils demandent une assistance immédiate, mais aussi des solutions durables pour leur réinstallation et leur prise en charge.
En attendant, leur mobilisation pacifique reste un cri d’alarme. Un cri qui, pour l’instant, semble ne pas trouver d’écho.
Jean-Robert Djema / L’INTERVIEW.CD