Comores : Au moins 18 migrants congolais RDC se noient en tentant de rejoindre Mayotte

Un nouveau drame de l’immigration clandestine a secoué l’océan Indien dans la nuit du 18 au 19 mars 2026. Au moins 18 migrants originaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont péri noyés au large de la Grande Comore, après avoir été abandonnés par des passeurs près de Mitsamiouli.


Un abandon criminel en pleine mer à Mitsamiouli

Le bilan est lourd et pourrait encore s’alourdir. Selon le ministre comorien de l’Intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, une cinquantaine de personnes, dont des femmes et des enfants, se trouvaient à bord d’un kwassa-kwassa (embarcation de fortune).

Les survivants rapportent que les passeurs les ont forcés à débarquer loin du rivage, sur un banc de sable ou dans des zones de forte profondeur, pour échapper aux patrouilles. Dans l’obscurité, la panique a rapidement pris le dessus, d’autant que la majorité des passagers ne savaient pas nager.

Les secours mobilisés par les riverains

L’alerte a été donnée par des jeunes de Mitsamiouli qui suivaient un match de football près du stade Said Mohamed Cheikh. Malgré l’intervention rapide des habitants et des garde-côtes :

  • 18 corps ont été repêchés à ce jour.
  • Environ 30 rescapés ont été pris en charge médicalement.
  • 3 à 4 personnes sont toujours portées disparues.

Pourquoi la route migratoire vers Mayotte devient-elle si meurtrière ?

Ce naufrage illustre l’augmentation des flux migratoires en provenance d’Afrique centrale et de l’Est vers Mayotte, département français situé à seulement 70 km des côtes comoriennes.

L’attrait du territoire français

Si la route était historiquement empruntée par des Comoriens, elle attire désormais de nombreux ressortissants de la RDC, fuyant notamment l’instabilité du Nord-Kivu. Les migrants cherchent à bénéficier des :

  • Infrastructures de santé et scolaires françaises.
  • Perspectives de régularisation administrative.
  • Conditions de vie supérieures à celles de l’Union des Comores.

Le business mortel des passeurs

Les réseaux de passeurs exigent des sommes colossales, dépassant souvent plusieurs milliers d’euros par personne. Un survivant de 25 ans a témoigné du calvaire subi : une traversée de sept jours depuis la Tanzanie sans nourriture ni eau suffisante, pour finir par un abandon tragique à quelques encablures de la côte.


Vers une enquête et une coopération régionale renforcée

Face à l’ampleur de cette catastrophe, les Nations unies et les associations de défense des droits des migrants appellent à des mesures urgentes :

  1. Enquête approfondie sur les circonstances de l’abandon en mer.
  2. Démantèlement des réseaux de passeurs via une coopération entre les Comores, la France et les pays voisins.
  3. Renforcement de la sécurité maritime pour prévenir de nouveaux naufrages.

« Nous avons risqué notre vie pour rien », confie un rescapé, résumant le sentiment de désespoir qui anime ces candidats à l’exil.

Alors que les recherches se poursuivent à Mitsamiouli, l’avenir des survivants reste incertain. Entre menace de rapatriement vers la RDC et traumatisme psychologique, ce drame rappelle cruellement le coût humain des inégalités dans la région de l’océan Indien.

Zola NKOSI, L’INTERVIEW.CD