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En République Démocratique du Congo, le débat sur l’avenir institutionnel du pays fait rage à l’approche de l’échéance de 2028. Au cœur de cette actualité brûlante, Modeste Bahati Lukwebo, ancien président du Sénat, actuel deuxième vice-président de la chambre haute et autorité morale de l’AFDC-A, vient de marquer les esprits par une prise de position claire et sans ambiguïté.
Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa le 4 mars 2026, Bahati Lukwebo a réaffirmé son attachement républicain à la Constitution actuelle de 2006. Il a fermement rejeté les appels au changement ou à la révision de la loi fondamentale, particulièrement ceux qui visent à prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
Dans des déclarations qui ont immédiatement fait le tour des réseaux sociaux et des médias congolais, Modeste Bahati Lukwebo a insisté :
« Le Président de la République a un mandat constitutionnel qui court jusqu’en 2028. Moi, je suis républicain. Il n’a pas une mission illimitée. La Constitution est la base légale de toute action en RDC. »
Cette sortie intervient dans un contexte où certains membres de la majorité présidentielle et de l’Union Sacrée de la Nation évoquent ouvertement une « mission » plutôt qu’un mandat limité, laissant planer l’idée d’une possible révision constitutionnelle pour permettre un troisième mandat ou une forme de continuité au pouvoir.
Bahati Lukwebo, pourtant allié historique de Félix Tshisekedi, a tenu à préciser que ces discours n’engagent que leurs auteurs :
« Ce sont leurs souhaits, leurs positions personnelles. Cela n’engage que leur responsabilité. Le Président lui-même reste républicain et respecte la Constitution. »
Pour l’ancien président du Sénat, le vrai problème de la RDC n’est pas textuel, mais humain :
« Le pays n’a pas un problème de textes. C’est plutôt un problème d’hommes. »
Selon lui, la Constitution de 2006, malgré ses imperfections, fournit un cadre suffisant si elle est appliquée avec rigueur et bonne foi. Changer la loi fondamentale pour régler des questions de gouvernance ou de succession serait, à ses yeux, une fausse solution qui risque de créer plus d’instabilité que de progrès.
Cette position arrive à un moment particulièrement sensible : le pays fait face à une crise sécuritaire persistante à l’Est, avec les combats contre le M23/AFC soutenus par le Rwanda, tandis que les élections de 2028 se profilent déjà comme un enjeu majeur de stabilité politique.
La déclaration de Bahati Lukwebo n’a pas manqué de provoquer des remous. Certains observateurs y voient une forme de positionnement personnel pour 2028, le leader de l’AFDC-A se plaçant comme un défenseur intransigeant des principes républicains et de l’alternance démocratique.
D’autres, au sein même de la majorité, ont critiqué cette sortie jugée trop tranchée. Le Bureau du Sénat s’est même désolidarisé publiquement des propos tenus, précisant qu’ils n’engageaient que leur auteur à titre personnel et non l’institution.
Une motion de défiance contre le deuxième vice-président a même été initiée par certains sénateurs, signe que la question constitutionnelle divise profondément la classe politique congolaise à quelques mois de l’anniversaire des 20 ans de la Constitution.
En se positionnant aussi clairement contre toute modification constitutionnelle avant 2028, Modeste Bahati Lukwebo envoie un message fort : l’alternance doit être respectée, les institutions doivent primer sur les ambitions personnelles, et la RDC doit miser sur l’application effective des textes existants plutôt que sur leur réécriture permanente.
Reste à savoir si cette posture républicaine renforcera son influence au sein de l’Union Sacrée ou, au contraire, l’isolera dans un paysage politique où les calculs électoraux pour 2028 battent déjà leur plein.
Une chose est sûre : en plaçant le respect de la Constitution comme boussole, Bahati Lukwebo se positionne comme l’un des acteurs incontournables du débat qui façonnera le visage politique de la RDC d’ici 2028.
Zola NKOSI, L’INTERVIEW.CD